L'entreprise libérée inquiète son propre créateur
Isaac Getz, théoricien de l'entreprise libérée, s'alarme : trop d'entreprises appliquent des recettes toutes faites sans comprendre l'essence de la démarche. La libération n'est pas une méthode, c'est une transformation profonde.
Quand le succès devient un piège
Isaac Getz l'avoue sans détour : le succès de l'entreprise libérée l'inquiète parfois. Depuis "Liberté & Cie", des centaines d'entreprises françaises prétendent se lancer. Le problème ? La plupart passent à côté.
"Ils suppriment la pointeuse, réduisent les strates hiérarchiques, et pensent avoir libéré leur entreprise," explique-t-il. Résultat : des transformations superficielles qui ratent l'essentiel.
L'essentiel, c'est le leader libérateur. Pas celui qui délègue un peu plus d'autonomie quand ça l'arrange. Celui qui lâche vraiment prise et co-construit avec les équipes un modèle unique.
Il n'y a pas de méthode miracle
Le piège classique des PME : chercher le mode d'emploi. "Quelle est la méthode ? Quel est le modèle ?" Getz reçoit ces questions constamment. Sa réponse dérange : il n'y en a pas.
Chaque entreprise possède un héritage culturel unique. Copier-coller la recette du voisin, c'est déjà échouer. La libération exige de la créativité, du courage, et surtout : faire confiance à 100%, pas à 99%.
L'exemple du poste vacant illustre cette cohérence totale. Si l'équipe peut choisir son nouveau leader mais que la direction parachute quelqu'un de l'extérieur, le message est clair : on ne vous fait pas vraiment confiance. C'est dévastateur.
Le vrai travail commence avec soi
Le dirigeant qui installe un GPS sur la voiture de son fils "libre" : l'anecdote sonne faux, mais elle est réelle. Elle résume parfaitement le challenge.
Libérer son entreprise, c'est d'abord travailler sur soi. Accepter que les équipes terrain sachent mieux que nous. Renoncer au contrôle. Affronter ses propres blocages.
Getz le répète : ce n'est pas simple. "Comme une ascension de montagne - on veut le sommet, mais on découvre le chemin en marchant."
Pour les PME françaises qui souffrent de relations employeur-salarié désastreuses (116e mondial selon Davos), la libération n'est pas une mode. C'est peut-être une nécessité de survie.
Chez Girafe Studio, on accompagne les PME qui veulent vraiment transformer leur organisation - pas juste installer des babyfoots. Parlons de votre situation concrète.